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Journalissime blog présente un carnet de balades curieuse et insolites.
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Blog Voyage
Date de création :
20.03.2007
Dernière mise à jour :
21.03.2007
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PASTO, CAPITALE DES MILLES ET UN CONTES

PASTO, CAPITALE DES MILLES ET UN CONTES

Posté le 21.03.2007 par Etienne Le Cocq
PASTO, CAPITALE DES MILLES ET UN CONTES

Il Etait Une Ville… Surprises Chroniques… Du rire et du cochon… La Pacha Carnaval

Il Etait Une Ville…
Au sud ouest de la Colombie, la ville de San Juan de Pasto est campée au pied du volcan Galeras, à 2600 mètres d’altitude, dans une fertile mais fraîche vallée dénommée « Atriz ». Avec 450 000 habitants environs, Pasto fait partie des grandes agglomérations du pays. Fondée par les espagnols en 1537, la ville est une étape obligée de la route reliant Popayán à Quito. Ce fut aussi une cité stratégique pour l’évangélisation et le contrôle des tribus indigènes : Tumacos, Pastos, Quillasingas. Avant d’être surnommée la « Ville Surprise », Pasto était d’ailleurs plus connue comme la « Ville Théologique », en raison du grand nombre d’institutions religieuses et de la diversité de leurs styles architecturaux. Jusqu’au début du XIXème siècle et les guerres d’indépendances, Pasto subit davantage l’influence politique et culturelle de Quito que celle de Calí ou Bogotá. La colonisation de la région est motivée par l’appétit des colons pour le métal jaune, drainé par le fleuve Patía et ses affluents, sources de fabuleuses légendes.
En bordure du Telembí, résonne par exemple la chronique de la « Cité d’Or » colombienne : Barbacoas. A « 8 heures et des pépites » de bus de la « Ville Surprise », des bruits circulent qu’en bordure du fleuve, des colosses d’ébènes élèvent des troupeaux de volailles picorant des poussière d’or croyant s’empiffrer de grains de maïs. Jusque tard dans la nuit, poules et coqs déchantent. Sous la lame de longs couteaux d’aciers, le Telembí saigne à flots perdus.
Ipiales, la ville aux nuages d’émeraudes, Cumbal le frigidère des amériques, Tumaco, la perle du Pacifique, sont autant d’autres mythes et allégories d’une contrée aux milles et un contes : Nariño.

Surprises Chroniques…
« Il était une fois Nariño … » est cependant une histoire trop actuelle pour la conter aux néophytes. Né officiellement en 1904, la mémoire de la province prend racine dans des temps beaucoup plus reculés, dans la terre d’Hatunllacta, dans la grande glèbe antique, la terre des aînés selon les indiens Quechua.
De cette cosmologie foisonnante, se distingue notamment l’arc en ciel ou « Cueche ». A l’inverse de la vision occidentale, l’arc en ciel « nariñense » réfléchit l’image du démon et non du Bon Dieu . Figuré par une tête de taureau, « El Cueche » convoite les jeunes filles avant de les féconder. A son apparition, il est fortement recommandé de se couvrir la binette pour ne pas subir de préjudices.
Les mystères rôdant autour des tombes indigènes ou « Guacas » sont une autre source de frayeur et d’émerveillement. Remplies d’or et d’argent, les tombes renferment également l’esprit des défunts. Il est ainsi conté qu’à la nuit tombée s’échappent parfois des sépultures, des gaz phosphorescents vous indiquant le chemin de la fortune ou… de l’épouvante. Le métal attirant la foudre, l’orage est dit-on, un autre allié des profanateurs. A Pasto, la date anniversaire de la découverte du trésor de la Sainte Croix, le 3 mai, est aussi la journée sacrée des chercheurs d’or. Assurément, mille et une nuits ne suffiraient pas pour conter Nariño et sa capitale.

Du rire et du cochon…
Car Pasto, capitale des Milles et un Contes est aussi une grande métropole du rire. Comme l’humour noir caractérise le rire français, l’humour vert, cru, croustillant et croustilleux, dépeignent à merveille l’humour des gens de Pasto. A l’instar des belges, cible de la dérision française, les « Pastusos », sources de la moqueries colombienne ont développé un art de l’autodérision et du jeux de mots incomparable. Le mélange des couleurs donne quelque chose d’un Q-I kaki mais non moins certain
- Sachant qu’un « cuy » sans couilles est une « cuya ». Combien ont de couilles 100 « cuy » ?
Quoique seuls franco-andins et vices-versants soient capables de comprendre ce bilinguisme, tous les autres souriront facilement à savoir qu’un « cuy » est un cochon d’inde et une « cuya » une truie de guinée ¡« Guinee-Pig » comme disent nos voisins linguistiquement asexués ! Tout cela à cause d’un portugais d’origine italienne, à la solde des espagnols : ¡Cristobúlo ! En effet, Christophe Colombe, pensant rencontrer les Indes, découvrit d’une pierre deux coups d’étranges bestioles que les rosbifs n’y comprirent quenouilles. Le dit cochon n’est en effet ni d’Afrique, ni d’Indes mais d’Amérique latine. Non seulement épicentre de la gourmandise à Pasto mais aussi dans le reste des Andes, le « cuy » sert toujours de stéthoscope et de remèdes pour les médecins de campagne. Centre de la dernière cène du Christ dans la cathédrale de Cuzco, le « cuy » s’exporte jusqu’au Japon, pays friand de produits aphrodisiaques.

La Pacha Carnaval
Enfin, parler de Pasto et des Pastusos sans exalter LE CARNAVAL DE NEGROS Y BLANCOS serait un sacrilège. A l’égal de Nice ou Baranquilla, Venise et Rio, la fête des « Blancs & Noirs » de Pasto est un des plus beaux enfant de la famille Carnaval. Pasto, capitale des carnaval andins ! Pasto, « Terre de Carnaval », comme l’illustre si bien Harold Roberto Otero au travers de son dernier char intitulé «La Pacha Carnaval », 1er prix de l’édition 2006. Au milieu d’une communauté de singe, la femme-oiseau et la femme-serpent courtisent un homme-jaguar d’une vingtaine de mètres de haut se dressant et se prosternant devant la foule des spectateurs en liesse. Le carrosse mécanique reluit la sorcellerie. En se cabrant, la gueule du fauve s’ouvre pour laisser transparaître celle d’un shaman. Dans l’Amérique pré-colombienne, le jaguar détient le pouvoir du soleil et le sorcier celui du jaguar ou la faculté de vision des esprits. Suivent 3 chimères colorées au yeux perçant et aux seins sybarites, un cheval vert aux ailes roses montés par une amazone vivante. Vient ensuite Eve nue implorant les cieux devant Adam en proie à l’étranglement d’un serpent géant et aux assauts de démons affreux. A l’abord de la place du Carnaval, la fête culmine. La retransmission télévisée du cortège, la tribune de presse et la présences des jurés, élèvent la température. Une tempête de neige tropicale agite la ville surprise jusqu’au bout de la nuit.

© - Etienne Le Cocq



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:: Les commentaires des internautes

Que Viva Pasto, Carajo
Posté par Dario Moreno le 21.03.2007
Félicitations pour votre écrit sur Pasto, un ville inconnue mais capitale.

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Que Viva Pasto, Carajo
Posté par Dario Moreno le 21.03.2007
Félicitations pour votre écrit sur Pasto, un ville inconnue mais capitale.

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